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14 AOUT, LE RETOUR DES VICTORINO MARTIN

Ils seront à l'affiche de la féria le LUNDI 14 AOUT à 18h.

VICTORINO MARTIN
Ou l’histoire singulière d’un modeste paysan de Castille.

Qui aurait parié il y a 50 ans la moindre peseta sur le devenir de Victorino Martin Andrés, ce boucher de Torrelodonos qui arriva à faire d’un élevage secondaire un des symboles des ganaderias modernes de l’Espagne des toros.
Sa recette, un travail acharné basé sur le recherche de la caste, qualité primordiale qu’il arriva à faire ressurgir de ces antiques Albasserrada qui avaient pour principale qualité d’occuper l’aficion des pueblos de Castille. Ajouté à cela, un sens des affaires peu commun car la commercialisation de ses produits est loin d’être délaissé au cours d’une vie qui au début ne fut jamais très rose. Victorino comme ses toros est un combattant.
Avec pour associé son frère Adolfo, Victorino se lance dans le pari fou de prendre en main ce bétail de peu d’intérêt dans les veines du quel coule encore du sang bleu des mythiques Santa Coloma.
Ballotté de mains en mains par plusieurs ganaderos, le cheptel atterrit chez les frères Escudero Calvo qui après l’avoir exploité près d’un quart de siècle va le vendre de façon fortuite à la famille Martin à l’été 1960.
Mais Victorino est un malin, certains diront un visionnaire, bref il veut la part du gâteau à lui tout seul. Il se sépare donc de son frère, gardant la part du troupeau qui lui revient.
Adolfo de son côté va exploiter à sa manière le fruit du partage avec aussi une certaine réussite mais bien inférieure à celle de son aîné qui de surcroît est meilleur communiquant que lui.
Le 29 juin 1967 Castro-Urdiales gros bourg du Nord de l’Espagne est le théâtre de sa première sortie sous ses couleurs bleu et rouge. Au mois d’août à Cuenca, Antonio Ordoñez s’y colle et se fait blesser alors qu’El Cordobés deux jours après coupe 2 oreilles au nez et à la barbe d’El Viti et d’Angel Terruel.
L’année suivante Madrid les propose aux aficionados à trois reprises. Le bétail sort encasté, en août El Paquiro connaît le baptême du sang alors qu’en septembre Flores Blazquez reçoit à son tour un important coup de corne. La capitale en fait un de ses élevages favoris avec souvent plusieurs programmations annuelles qui attirent chaque fois un public conséquent.
Depuis les célèbres toros gris, due celui que l’on va surnommer le « Sorcier de Galapagar », vont tracer leur route avec les hauts et les bas inhérent à tous les élevages de toros braves.
Avec les Miura ils se disputent la vedette dans toutes les férias importantes qui hésitent souvent à les programmer en même temps.
C’est vrai que Victorino dérange quelques traditions bien établies. Le plus bel exemple est Séville qui devra longtemps attendre et enfin osera les présenter que le 18 avril 1996 face à Ortega Cano, El Tato et Pepin Liria. La corrida est un succès, Victorino s’est attaché le cœur du peuple andalou, c’est pas rien.


VICTORINO ET LA FRANCE
L’aventure des Victorino Martin dans notre pays prend naissance à Méjanes en juillet 1963 avec une novillada marquée du fer d’Escudero Calvo. Mais c’est au nom des frères Martin qu’ils sont appelés à combattre le 14 août 1996 dans les arènes d’Arles.
1970 sera la date de présentation officielle du bétail avec Victorino seul aux commandes, le 25 mai dans le creuset de Vic-Fezensac.
Les mousquetaires vont introniser ce jour là, un certain Francisco Ruiz Miguel qui signe pour l’occasion une faena qui va passer à la postérité récompensée des 2 oreilles et la première queue de sa carrière. Vic d’ailleurs honorera le maestro par une statue grandeur nature qui trône devant ses arènes.
Le vaillant torero gaditano va désormais naître au grand soleil de ces après midi musclés. « Paco » va devenir même le grand spécialiste de ses toros différents des autres combattus à 88 reprises tout au long de sa brillante carrière européenne.

VICTORINO ET BEZIERS

Le grand cirque du Plateau de Valras devra attendre le 14 août de la féria 1989 pour découvrir enfin les célèbres Albasserrada revisités. Ruiz Miguel, devenu incontournable coupera une oreille tout comme Richard Milian alors que José Antonio Campuzano se voit offrir par le public d’un double tour de piste.
Ce jour là les Victorino n’ont guère convaincu toreros et aficionados.
Les revoilà à l’affiche le 18 août 1991. Ce jour là Luis Francisco Espla et Victor Mendés sont récompensés alors que José Antonio Campuzano se fait applaudir. Victorino reste inédit. L’expérience est à nouveau tentée le 12 juillet de l’année suivante. La corrida sort « sin pena ni gloria » Richard Milian salut avant que Mendés ne coupe l’unique oreille et que le brave El Fundi se fasse copieusement siffler au terme de chacun de ses combats.
Victorino quitte pour la troisième fois Béziers la tête basse.
Le 15 août 2017 Béziers va honorer les Miura pour la 36 ème fois. Mais Béziers veut donner cette année encore plus de prestige à sa féria en proposant la veille aux aficionados une corrida de Victorino Martin.
Mis à part Madrid, aucune autre arène ne propose ces deux élevages mythiques au cours d’une même féria. Pour l’occasion Robert Margé lance un défi dans cette sorte de concours entre ces toros uniques autant dans leurs morphologies que dans leurs comportements.
Qui vaincra ? Personne ne peut prétendre à l’avance donner une réponse objective.
Au cours de la temporada passée Miura et Victorino ont signé des soirées émouvantes, parfois tragiques, toujours captivantes mais avant tout empreintes chaque fois de cette race sauvage qui a fait la réputation et fait entrer dans l’histoire les guerriers vêtus d’or qui ont osé les défier.
Aujourd’hui à 88 ans Don Victorino Martin Andrés a passé le flambeau à son fils vétérinaire qui mène dans le continuité ce travail d’orfèvre entamé par ce diable de petit paysan, maquignon de Castille, affublé toujours d’un large sourire que rien ne prédestinait à l’élevage du toro brave.
Ainsi se résume l’histoire des toros gris de Victorino Martin que Béziers va retrouver le 14 août à 18h.
Didier BERTRAND.

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